Trois modèles économiques, pas six solutions
Le marché de la commande en ligne pour restaurant se lit mal parce qu'on compare des prix qui ne mesurent pas la même chose. Il n'existe en réalité que trois façons de vous facturer, et le prix affiché ne veut rien dire tant que vous ne savez pas laquelle vous regardez.
Le pourcentage sur chaque commande. C'est le modèle des plateformes de livraison. Il ne coûte rien tant que vous ne vendez rien, et il devient le premier poste de charge dès que le volume monte. Il inclut l'apport de clientèle : vous ne payez pas un outil, vous louez une audience.
L'abonnement mensuel. C'est le modèle des éditeurs de logiciel. Le prix est fixe quel que soit le volume, ce qui le rend cher au démarrage et de moins en moins cher à mesure que les commandes augmentent. Il n'inclut aucune clientèle : le site est à vous, à vous de le remplir.
La mise en place puis le suivi. Un montant à l'installation, puis un montant mensuel plus bas. C'est le modèle des prestataires qui construisent le site plutôt que de vous louer un compte sur le leur.
Les deux premiers se croisent à un point précis. C'est ce point, et lui seul, qui répond à la question « est-ce que ça vaut le coup ».
Ce que prennent les plateformes, relevé le 23 septembre 2026
Uber Eats applique en France trois formules : Lite à 15 %, Plus à 25 %, Premium à 30 %, auxquelles s'ajoutent des frais d'activation par établissement et des frais de transaction. Deliveroo se situe entre 25 et 35 % en livraison assurée par la plateforme, et entre 15 et 20 % quand le restaurant livre lui-même, avec des commissions négociées au cas par cas. Just Eat annonce 25 à 30 % en livraison plateforme, 13 à 14 % en livraison restaurant, et 7 à 10 % en click and collect.
À ces pourcentages s'ajoutent les frais d'encaissement, de l'ordre de 0,5 à 2 %, et deux postes que personne ne budgète : les remboursements accordés automatiquement au client, et les promotions cofinancées dont vous payez une part.
Le chiffre qui compte n'est pas la commission affichée, c'est le coût complet. Sur la formule la plus répandue, en ajoutant la TVA, les frais de service et les litiges non contestés, il se situe entre 33 et 36 % du chiffre d'affaires livraison.
Un restaurant qui fait 1 000 € par semaine sur les plateformes paie donc de l'ordre de 1 300 € par mois, soit environ 15 600 € par an.
Ce que coûtent les éditeurs, prix publics relevés le même jour
LivePepper publie ses prix : mise en place à partir de 399 €, abonnement à partir de 59 € par mois HT, trois niveaux — click and collect seul, avec livraison, puis avec application mobile — et 15 % de remise en facturation annuelle. L'éditeur est explicite sur le modèle : aucune commission sur les commandes, l'abonnement est la seule facture.
Innovorder publie également : 79 € par mois pour un point de vente avec la caisse, 299 € par mois pour deux à dix points de vente avec la commande en ligne, la borne, la fidélité et l'écran cuisine, et du sur-mesure au-delà. Le matériel n'est pas compris et le déploiement prend en moyenne trois semaines.
Zelty ne publie aucune grille. Le prix est communiqué sur demande, calculé selon le nombre d'établissements et les modules retenus.
Ce refus d'afficher n'est pas une anecdote : c'est la règle sur ce marché comme sur d'autres marchés d'outils professionnels. Il a une conséquence concrète pour vous — vous ne pouvez pas comparer sans passer par un rendez-vous commercial, et le prix qu'on vous annoncera dépendra de ce que vous aurez dit de votre chiffre d'affaires.
Le point de bascule, calculé sur vos propres chiffres
Un abonnement devient moins cher qu'une commission dès que la commission dépasse l'abonnement. Cela se calcule en une ligne.
Prenons un abonnement à 49 € par mois et un coût réel de plateforme à 33 %. L'abonnement est remboursé dès que 270 € de commandes par mois passent en direct plutôt que par la plateforme — soit environ sept commandes à 39 €. Avec un abonnement à 59 €, le seuil tombe vers 180 € de commandes mensuelles. Avec un abonnement à 299 €, il monte à 900 €.
Autrement dit : le seuil n'est jamais très haut. Ce qui est difficile, ce n'est pas de le franchir sur le papier, c'est de détourner les commandes, parce qu'un site de commande ne fait pas venir de clients tout seul. C'est la seule chose que la commission achète réellement, et c'est le vrai sujet — traité en détail dans les six canaux qui remplissent un site de commande.
Ce qu'un comparatif de prix ne vous dira pas
Trois points pèsent plus lourd que l'écart de trente euros par mois entre deux abonnements.
À qui appartient le nom de domaine. Si le site vit sur un sous-domaine de l'éditeur, vous ne partez jamais : votre référencement, vos liens et vos QR codes sont sur son adresse, pas sur la vôtre. Posez la question avant de signer, elle se règle en une phrase au contrat.
Qui détient le fichier client. Sur une plateforme, le client est le sien ; sur votre site, il est le vôtre, avec des obligations précises que détaille ce que vous avez le droit de faire de votre fichier client.
Le délai et ce qui reste à votre charge. Les photos des plats, la rédaction de la carte et la tenue des stocks ne sont comprises dans aucune des offres citées plus haut. Un devis qui ne les mentionne pas vous les laisse.
Sur ces trois points comme sur le prix, la grille de lecture complète est dans les garanties à exiger avant de signer.
Notre position, dite sans arrondi
Nous vendons une mise en place puis un suivi : 299 € HT à l'installation puis 49 € par mois sans engagement, ou 0 € à l'installation puis 99 € par mois pendant six mois puis 49 € pour qui ne veut rien avancer. Le site et le nom de domaine sont au nom du restaurant dès le premier jour. Les frais d'encaissement par carte, environ 1,5 %, restent à votre charge — contre 25 à 30 % de commission sur une plateforme.
Ce que nous ne promettons pas : un volume de commandes. Le relevé réel dont nous disposons porte sur un seul établissement, sur la semaine du 7 au 13 septembre 2026 — huit commandes en direct pour 312,80 €, panier moyen 39,10 €, sans commission, quand la plateforme faisait le même semaine 32 commandes pour 1 029 €. Le site est passé de trois à huit commandes hebdomadaires. Il ne remplace pas la plateforme : il récupère progressivement les habitués, ceux qui commandent déjà chaque semaine et n'ont aucune raison de payer le supplément.
C'est un relevé, pas une projection, et il ne dit rien de ce que donnerait un autre restaurant.
Pour aller plus loin
Le calcul à partir de votre propre chiffre d'affaires livraison est sur la page site de commande en ligne pour restaurant. Le détail du coût réel d'une plateforme est dans éviter la commission Uber Eats, le budget d'une mise en place dans prix d'un site de commande en ligne pour restaurant, et l'organisation du service dans click and collect : ce que ça change au comptoir.
Le tissu de restauration de votre commune, chiffres publics à l'appui : Vitrolles, Marignane, Aix-en-Provence, Istres, Martigues, Salon-de-Provence.
Prix relevés le 23 septembre 2026 sur les pages tarifaires publiques des éditeurs cités et sur les grilles de commission publiées. Ils changent sans préavis : vérifiez-les avant de décider.
Aucun de ces prix n'inclut les frais d'encaissement par carte, qui sont les mêmes quelle que soit la solution retenue et qui sont chiffrés dans le coût réel des frais de carte bancaire.
Quelle que soit la solution retenue, un point se règle en dehors d'elle : le bouton de commande de votre fiche Google, qui liste automatiquement les plateformes se déclarant partenaires. Les libellés exacts pour le reprendre sont dans reprendre le lien de commande de sa fiche Google.
Quel que soit l'outil retenu, les règles sur les avis clients sont les mêmes pour tous : ce que vous avez le droit de demander comme avis.