Restauration18 septembre 20269 min de lecture

Site de commande en ligne : les six canaux qui le remplissent, dans l'ordre

La vraie objection n'est pas le prix, c'est « qui ira commander chez moi ? ». Les six canaux qui remplissent un site de commande, du plus efficace au plus décevant, avec un relevé réel et ce qu'il ne prouve pas.

Un site de commande vide n'est pas un problème de site

C'est l'objection la plus fréquente, et c'est la bonne : « d'accord, je ne paie plus de commission, mais qui ira commander chez moi ? » Un restaurateur qui pose cette question a déjà compris le calcul. Il a raison de se méfier : un site de commande installé et laissé seul reste vide, et il finit par servir d'argument à la plateforme.

La différence entre un site qui tourne et un site qui dort ne se joue pas dans le site. Elle se joue dans six canaux, tous gratuits sauf un, et dans l'ordre dans lequel on les active. Cet article donne cet ordre, avec ce que nous avons mesuré et ce que nous n'avons pas mesuré.

Ce qu'un relevé réel montre, et ce qu'il ne montre pas

Un restaurant de Vitrolles dont nous avons mis en place et dont nous gérons le site de commande, semaine du 7 au 13 septembre 2026 : huit commandes en direct, 312,80 € encaissés, panier moyen de 39,10 €, aucune commission. La semaine précédente, ce même site faisait trois commandes.

Sur la même semaine, la plateforme a fait trente-deux commandes pour 1 029 € de ventes, avec un panier moyen de 32,14 €.

Ce que ce relevé dit : le canal direct monte, et son panier moyen est supérieur de près de sept euros à celui de la plateforme — un client qui commande en direct commande plus. Ce qu'il ne dit pas, et il faut le dire à sa place : le site ne remplace pas la plateforme. Il est loin derrière en volume. Ce qu'il récupère, ce sont les habitués, ceux qui commandent déjà chaque semaine et qui n'ont aucune raison de payer le supplément.

Aucun de ces chiffres n'est une promesse faite à un autre restaurant. C'est un relevé, sur un établissement, sur une semaine.

Les six canaux, du plus rentable au plus décevant

1. Le sac et la vitrine. C'est le canal le plus efficace et presque personne ne le traite sérieusement. Un QR code collé sur chaque sac de commande à emporter est vu par quelqu'un qui vient précisément de commander chez vous : il n'y a pas de public plus qualifié au monde. L'autocollant en vitrine joue le même rôle pour le client assis. Ces deux supports coûtent quelques dizaines d'euros une seule fois, et ce sont eux qui font passer un site de trois commandes à huit. Un site de commande livré sans QR code sur les sacs est un site livré à moitié.

2. La fiche Google reliée au site. C'est par là qu'arrivent les recherches « pizza » ou « sushi » suivies du nom de la ville, qui sont l'essentiel des recherches de restauration. Une fiche Google renvoie par défaut vers un numéro de téléphone ou vers la plateforme ; reliée au site de commande, elle transforme une recherche locale en commande sans intermédiaire. Le détail de ce qui pèse dans ce classement est dans notre guide sur les huit facteurs du référencement local en PACA.

3. Le comptoir et le téléphone. Chaque appel pour une commande à emporter est une occasion de dire une phrase : « la prochaine fois, vous pouvez commander directement sur notre site, c'est le même prix pour vous ». Cette phrase, répétée par l'équipe pendant un mois, fait plus que n'importe quelle campagne. Elle demande que l'équipe soit au courant, ce qui n'est pas automatique : c'est la première chose à vérifier quinze jours après la mise en ligne.

4. La liste de vos propres clients. Les adresses et les numéros collectés par le site vous appartiennent — c'est la différence la plus durable avec une plateforme, qui garde les siens. Un message envoyé avant un week-end ou pour une nouvelle carte touche des gens qui ont déjà commandé. Deux règles à respecter : la personne doit avoir accepté d'être recontactée, et chaque message doit permettre de se désinscrire. Une liste constituée sans consentement n'est pas un actif, c'est un risque.

5. La publicité locale, à petite dose. Sur le même établissement, dix-huit euros et quatre-vingt-cinq centimes dépensés en publicité Google ont produit quarante visites sur le site, soit quarante-sept centimes la visite. C'est une mesure de visites, pas de commandes : nous ne savons pas combien de ces quarante visites ont commandé, et nous ne le présenterons pas autrement. Ce canal a un intérêt précis — remplir un creux, lancer une nouvelle carte — et un défaut : il s'arrête le jour où l'on arrête de payer.

6. Les réseaux sociaux. C'est le canal que tout le monde cite en premier et celui qui déçoit le plus pour la commande. Une publication touche une fraction des abonnés, et un abonné n'est pas un client. Les réseaux servent à entretenir une relation, rarement à déclencher une commande le soir même. Les traiter en dernier n'est pas un jugement de valeur : c'est une question d'ordre d'activation.

Les trois erreurs qui laissent un site vide

Attendre que le site « fasse ses preuves » avant de commander les supports. Le QR code et l'autocollant sont ce qui produit les premières commandes. Les repousser, c'est repousser la preuve qu'on attend.

Garder le site pour soi. Un site dont l'équipe de salle ignore l'existence ne sera jamais cité au téléphone. Le lien doit être dans la signature de courriel, sur la fiche Google, sur les sacs, sur la porte, et dans la bouche de l'équipe.

Raisonner en remplacement. Couper la plateforme le jour de la mise en ligne est le plus sûr moyen de perdre du chiffre. Le bon raisonnement est celui du transfert progressif : chaque habitué qui bascule en direct est une commande qui ne coûte plus de commission, et la plateforme continue pendant ce temps d'amener des clients qu'elle facture. Le calcul complet de ce qu'elle facture réellement est dans Éviter la commission Uber Eats : le calcul réel pour un restaurant indépendant.

Ce qui est à nous, ce qui est à vous

Nous livrons le site, le nom de domaine à votre nom, l'hébergement, le certificat, la fiche Google reliée au site, le QR code pour les sacs et l'autocollant vitrine, puis un rapport écrit chaque mois : commandes, chiffre d'affaires, panier moyen, ce qui se vend. Dix jours ouvrés après réception de votre carte, garantie de trois mois après la mise en ligne.

Ce qui reste à l'établissement, et qu'aucun prestataire ne peut faire à sa place : coller le QR code sur les sacs, prévenir l'équipe, et dire la phrase au téléphone. Cela prend une réunion de dix minutes et cela décide du reste.

Ne sont pas compris, et c'est dit d'emblée : les photos des plats, la rédaction de la carte, et les frais de paiement par carte prélevés par votre banque, de l'ordre de 1,5 % — à comparer aux vingt-cinq à trente pour cent d'une plateforme.

Combien de temps avant que cela tourne

La bonne unité n'est pas la semaine, c'est le cycle de retour du client. Un habitué qui commande tous les quinze jours a besoin de deux passages pour voir le QR code, puis l'essayer. Un établissement dont la clientèle revient chaque semaine bascule plus vite qu'un restaurant de passage, non pas parce que son site est meilleur, mais parce que ses clients repassent plus souvent devant le message.

Concrètement, cela veut dire que le premier mois sert à installer les supports et à prévenir l'équipe, et que les chiffres qui comptent se lisent à partir du deuxième. Juger un site de commande sur ses dix premiers jours revient à juger une nouvelle carte sur un service.

Deux indicateurs suffisent, et ils sont dans le rapport mensuel : le nombre de commandes en direct, et le panier moyen comparé à celui de la plateforme. Si le premier monte et que le second reste au-dessus, le transfert fonctionne, même lentement.

Si vous êtes déjà sur deux ou trois plateformes

Rien ne change au raisonnement, sauf un point : plus vous avez de plateformes, plus votre chiffre livraison est fragmenté, et plus la commission totale est difficile à voir. Le réflexe utile est d'additionner les relevés des trois, pas de regarder le pourcentage de chacune.

Il n'y a aucune exclusivité à respecter pour ouvrir son propre canal : un restaurant peut prendre des commandes sur son site tout en restant présent sur les plateformes, et c'est l'ordre recommandé. La question de sortir d'une plateforme ne se pose que le jour où le canal direct pèse assez pour que la sortie ne coûte rien — et ce jour-là, elle se décide sur des chiffres, pas sur un principe.

Par où commencer

Le calculateur qui part de votre propre chiffre d'affaires livraison est sur la page site de commande en ligne pour restaurant. Si votre question porte sur l'organisation du comptoir et de la cuisine, elle est traitée dans click and collect : ce que ça change au comptoir. Si la question suivante est le budget, les trois modèles de facturation du marché et le calcul qui les départage sur douze mois sont dans Prix d'un site de commande en ligne pour restaurant. Et si la question porte sur ce que vous avez le droit de faire des coordonnées de vos clients, elle est traitée dans le fichier client d'un restaurant.

Et si vous voulez le tissu de restauration de votre commune, chiffres publics à l'appui : Vitrolles, Aix-en-Provence, Marignane, Istres, Martigues, Salon-de-Provence et une dizaine d'autres communes des Bouches-du-Rhône.

Les prix publics des autres solutions du marché, relevés et datés, sont dans le comparatif des solutions de commande en ligne.

Et ce que chaque commande basculée en direct coûte réellement en frais d'encaissement est calculé dans le coût réel des frais de carte bancaire.

À ces canaux s'ajoute un réglage gratuit que beaucoup de restaurants n'ont jamais ouvert : le bouton de commande de la fiche Google, qui par défaut peut mener chez une plateforme. Voir reprendre le lien de commande de sa fiche Google.

Les avis de votre fiche font partie des canaux, et leur sollicitation obéit à des règles précises : ce que vous avez le droit de demander comme avis.

Questions fréquentes

Combien de commandes peut-on attendre sur son propre site la première année ?+
Personne ne peut l'annoncer honnêtement, et une promesse de volume doit vous faire fuir. Ce que nous pouvons montrer est un relevé : sur un établissement de Vitrolles que nous gérons, le site est passé de trois à huit commandes par semaine d'une semaine à l'autre, avec un panier moyen de 39,10 € contre 32,14 € sur la plateforme. C'est un cas, pas une moyenne.
Faut-il quitter Uber Eats pour ouvrir son propre site ?+
Non, et c'est même déconseillé au départ. Aucune exclusivité ne l'impose. Le canal direct se construit en transférant progressivement les habitués, pendant que la plateforme continue d'amener des clients nouveaux qu'elle facture. La sortie éventuelle se décide plus tard, sur des chiffres.
Le QR code sur les sacs change-t-il vraiment quelque chose ?+
C'est le support le plus rentable de la liste, parce qu'il s'adresse à quelqu'un qui vient de commander chez vous. Il coûte quelques dizaines d'euros une seule fois. Un site livré sans QR code sur les sacs ni autocollant en vitrine est un site livré à moitié.
Peut-on envoyer des messages aux clients qui ont commandé sur le site ?+
Oui, à deux conditions : la personne doit avoir accepté d'être recontactée au moment de sa commande, et chaque message doit contenir un moyen simple de se désinscrire. Ces contacts vous appartiennent, contrairement à ceux d'une plateforme, mais une liste constituée sans consentement est un risque, pas un actif.

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