Le lien « Commander » de votre fiche Google n'a probablement pas été mis par vous
Un client tape le nom de votre restaurant. Google affiche votre fiche, et sur cette fiche un bouton Commander. Beaucoup de restaurateurs pensent que ce bouton mène chez eux, ou qu'il a été branché par leur prestataire. Ce n'est pas la règle par défaut.
La page d'aide de Google consacrée aux options de commande en ligne, relevée le 25 septembre 2026, l'écrit noir sur blanc : « Les fournisseurs tiers qui affirment être des partenaires autorisés de votre établissement sont automatiquement listés. » La disponibilité affichée est, toujours selon cette page, « transmise et mise à jour automatiquement par les fournisseurs tiers ».
Autrement dit : une plateforme qui vous référence se déclare partenaire, et son lien apparaît sur votre fiche sans que vous ayez rien signé pour ce bouton-là. Le client qui cherchait votre restaurant par son nom — donc un client qui est déjà le vôtre — part commander par un canal qui prélève une commission sur sa commande.
Ce n'est ni un bug ni une malveillance. C'est un réglage, et il se change.
Les quatre gestes que Google vous autorise, avec leurs libellés exacts
La même page d'aide décrit précisément ce qu'un propriétaire de fiche peut faire. Voici les libellés tels qu'ils apparaissent, pour que vous les retrouviez à l'écran sans deviner.
Ajouter un lien. En bas de l'écran des options de commande, cette commande permet d'intégrer un fournisseur personnalisé — c'est-à-dire votre propre page de commande, sur votre propre nom de domaine.
Supprimer le lien. Sert à retirer un prestataire tiers de la liste.
Définir comme préféré. Une fois vos liens en place, vous choisissez lequel Google met en avant, avec deux réglages distincts : À privilégier pour le retrait et À privilégier pour la livraison. Un restaurant qui fait du retrait au comptoir et qui sous-traite la livraison peut donc pointer deux destinations différentes.
Accepter les commandes sur votre fiche. C'est un interrupteur global, et c'est le piège de la manipulation. La page précise que si les commandes sont désactivées, « les options et les liens de commande tiers que vous ajoutez seront masqués ». Couper l'interrupteur pour faire disparaître le lien d'une plateforme fait aussi disparaître le vôtre. Ce n'est pas le bon geste : le bon geste est de supprimer le lien tiers et de définir le vôtre comme préféré.
Ce que votre lien doit respecter, sinon il ne tient pas
Google publie des règles séparées pour les liens d'établissement — commande, réservation, menu. Relevées le même jour, elles listent ce qui est refusé et ce qui est exigé. Elles comptent parce qu'un lien non conforme ne rend pas service : il est simplement écarté.
Sont interdits : l'adresse d'un site de réseau social, un lien de messagerie, un lien vers un magasin d'applications, et un réducteur de liens. Ce dernier point élimine les raccourcis de suivi marketing que certains prestataires posent par confort.
Sont exigés : une page dédiée à votre établissement — les consignes demandent d'« éviter d'utiliser des pages de destination génériques ou celles d'un autre établissement de la même entreprise » ; un lien qui « permet aux clients d'effectuer l'action indiquée », donc une vraie page de commande et pas un formulaire de contact ; un lien qui « doit renvoyer un code d'état "200 OK" » ; et une page accessible aux systèmes de Google sans CAPTCHA, sans limitation de débit ni blocage d'adresse IP. La limite est de vingt liens par type de transaction, ce qui n'est une contrainte pour personne.
Le détail que nous vérifions et que presque personne ne mesure
Un site peut répondre « 200 OK » et ne rien servir du tout. C'est notre méthode de contrôle sur nos propres pages, et nous l'appliquons aux pages de commande que nous mettons en ligne : on ne regarde pas le code de réponse, on regarde le poids et le contenu réellement servis à un robot, depuis l'extérieur, et on vérifie que le titre et le texte de la page arrivent dans la réponse plutôt que d'être écrits après coup par le navigateur.
Deux cas fréquents passent un test naïf et échouent en pratique. Une page de commande construite entièrement côté navigateur renvoie 200 avec un corps quasi vide : elle satisfait la lettre de la règle et ne montre rien. Une page protégée par un filtre anti-robot, ou qui redirige selon le pays d'où vient la requête, se comporte différemment pour vous et pour Google — vous la voyez, ses systèmes non.
Si vous branchez un lien de commande sur votre fiche, faites vérifier ces deux points avant de considérer le geste comme fait. C'est dix minutes, et c'est la différence entre un bouton qui fonctionne et un bouton qui existe.
Ce que ça change pour un restaurant, en euros
Le trafic ne se joue pas là où on l'imagine. Les recherches du type « pizza + nom de la ville » arrivent sur la fiche Google, pas sur le site. C'est la fiche qui tient la porte d'entrée, et le bouton de commande est la première décision prise sur cette porte.
Le seul relevé réel dont nous disposons porte sur un établissement et une semaine, et nous ne l'extrapolons pas : 312,80 € de commandes passées en direct pour un panier moyen de 39,10 €, contre 1 029 € passés par une plateforme pour un panier moyen de 32,14 € et environ 300 € de commission. Sur cette même semaine, 18,85 € de publicité Google ont amené 40 visites, soit 0,47 € la visite. Le panier plus élevé en direct s'explique simplement : un client qui commande chez vous n'arbitre pas entre dix restaurants dans la même application.
Ce que nous mettons en place est écrit sans détour sur la page de l'offre : le site de commande avec paiement par carte, la mise en ligne sur votre nom de domaine, la fiche Google mise à jour et reliée au site, le QR code pour vos sacs et l'autocollant de vitrine, et un rapport écrit chaque mois. 299 € HT puis 49 € par mois sans engagement, ou 0 € à la mise en place puis 99 € par mois pendant six mois et 49 € ensuite pour qui ne veut rien avancer. Dix jours ouvrés après réception de votre carte, garantie de trois mois.
Ce que nous ne faisons pas, et qui est écrit au même endroit : les photos de vos plats, la rédaction de votre carte, et les frais de paiement par carte — environ 1,5 % prélevés par votre banque, détaillés dans ce que coûtent vraiment les frais de carte bancaire.
L'ordre des gestes, et celui qui fait perdre du temps
- D'abord la page de commande. Un lien préféré vers une page qui n'encaisse pas encore ne sert à rien. Ce que coûte cette page et ce qu'elle contient est dans le prix d'un site de commande en ligne, et la comparaison avec les éditeurs du marché dans le comparatif des solutions.
- Ajouter le lien personnalisé sur la fiche, vers la page de commande de votre domaine.
- Le définir comme préféré, pour le retrait et pour la livraison séparément.
- Ne pas toucher à l'interrupteur global. Il masquerait votre lien avec les autres.
- Supprimer les liens tiers dont vous ne voulez plus, puis les revérifier. Comme le listage est automatique dès qu'un prestataire se déclare partenaire autorisé, ce contrôle se refait — une minute par mois, pas un geste définitif.
Le bouton de la fiche ne remplace ni l'organisation du comptoir, décrite dans click and collect : ce que ça change au comptoir, ni le travail de remplissage : un site de commande ne se remplit pas tout seul, et les six canaux qui amènent réellement des commandes restent le vrai sujet. Les coordonnées collectées à la commande vous appartiennent, dans des limites précises que détaille ce que vous avez le droit de faire de votre fichier client. Et le calcul complet de ce que votre chiffre d'affaires livraison vous coûte en commission est dans éviter la commission des plateformes.
Ce que cette page ne promet pas
Nous ne maîtrisons pas le classement de votre fiche dans Google, et nous ne publions aucune estimation de trafic ni de commandes supplémentaires : nous n'avons pas de mesure qui le permettrait honnêtement. Ce que décrit cette page est un réglage documenté par Google, gratuit, qui prend quelques minutes, et dont le seul effet certain est que le bouton de votre fiche mène là où vous décidez.
Si vous voulez ce réglage fait en même temps que le site de commande, c'est inclus dans la mise en place. Si vous avez déjà un site de commande qui fonctionne, le geste est à votre portée avec les libellés donnés plus haut, et il ne coûte rien.
Une fois le bouton branché, la question suivante est celle des avis : ce que vous avez le droit de demander comme avis, et ce que la loi impose dès que vous les affichez sur votre site.